Les femmes recluses du moyen-âge

Les recluses, des femmes qui s'enfermaient à vie dans une cellule exiguë parfois accolée à une église, un cimetière, un pont, un hospice. Un espace restreint de prière avec pour seul contact avec l'extérieur, une vue limitée par une fenestrelle par laquelle des passants donnaient de la nourriture en échange de la promesse d'une prière. Certains reclusoirs étaient délibérément construits dans la structure même d'une église pour que la recluse puisse prier en devinant l'office par l'hagioscope (fente dans un mur)... Quelques dames nobles du moyen-âge ont laissé des traces de cette existence plus rigoureuse qu'une vie cloîtrée au monastère.

Au delà de la démarche religieuse décrite dans des livres au service de la diffusion du christianisme, la réalité des recluses était bien plus sordide que divine. Il y avait des femmes ayant une maladie incurable qui évitait la précarité dans la rue et qui acceptaient d'être murées et nourries par les habitants. Quand elles étaient contagieuses, leur enfermement était décidé par la communauté. Il y avait des veuves inconsolables sans argent quelquefois. Cependant bien des recluses étaient des enfants martyres violées durablement par leur père. Eloignées du monde et de la famille, ces filles apprenaient à vivre à l'écart dans un grenier, une cave. A l'adolescence quand le père s'intéressait à la cadette, le jeune-fille recherchait du réconfort auprès de la religion. Malheureusement, pauvre, analphabète, fille mère dont les enfants avait été assassinés comme l'on tue une portée de chatte, cette âme impure n'entrait pas dans les considérations des ordres religieux qui recherchaient des noblesses et des biens.

Parmi les nobles recluses, il y avait les criminelles, des adultères, ou jugées comme telles, des femmes contraintes par des maris avec le secours d'éminences religieuses à s'enfermer dans un réduit pour l'amour de Dieu, pour éviter la prison qui aurait entaché un nom.

Etranglées par la peur de nouveau sévices, ou par crainte de mourir dans la rue dans la faim et le froid, utiles à l'église pour démontrer que l'absolue piété devait faire le sacrifice de la moindre liberté, ces femmes ont renoncé à toute forme d'espace en attendant la mort entre folie et délire spirituel.

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