Protection des femmes et de l'enfance : les grandes illusions

03 septembre 2019 - Le chef de l'Etat a passé deux heures au centre d'appel 3919 qui répercute tous les appels de détresse des femmes victimes de violences conjugales.

Une femme appelle pour qu'un gendarme l'accompagne à son ancien domicile afin qu'elle puisse récupérer ses biens personnels. Le mari violent, en instance de jugement, y loge et lui a promis de la tabasser si elle se présentait à lui. Réponse du gendarme : «Nous ne sommes pas habilités à vous accompagner.» La femme insiste, explique qu'elle a quitté son logement dans la précipitation sans ses affaires. Le gendarme s'agace, elle raccroche effondrée. D'un point de vue strictement légal, un gendarme ne peut pénétrer un lieu privé sans décision de justice. Une décision de justice susceptible de survenir dans un délai déraisonnable... Le président de la République des droits de l'homme mais pas ceux de la femme aurait fulminé selon les témoins. Et pour cause, précédemment, l’illusionniste avait vanté tout le talent de l'action sociale, policière et judiciaire à une heure de grande écoute. La population était convaincue que les choses s'amélioraient.

17 septembre 2019 - Garde alternée pour la petite fille d'un couple dont le conjoint battait la mère. Après la séparation définitive les parents vivant chacun de son côté, ceux-ci n'ont cessé d'être en confrontation. La mère pensait cependant que les menaces de mort qu'elle recevait par téléphone, n'occasionnait aucune mise en danger de l'enfant de 4 ans. Au retour d'un week-end chez son père la petite fille semble accablée, refuse que sa mère la touche. Les jours qui suivent l'enfant devient violente... Des jours d'incompréhension maternelle, puis l'idée qu'un drame se soit produit devient une évidence... Un examen médical confirme l'agression sexuelle de part en part. La mère contacte la police de son quartier. La femme policière reçoit la mère dans un couloir pendant cinq minutes et explique que l'examen médical et les photos ne constituent pas des preuves suffisantes et laisse entendre, sans toutefois l'affirmer, qu'une mère est aussi capable de sévices. Trop de dossiers aboutissent à un classement sans suite, il aurait fallu que la mère porte plainte dès le soir de la supposée agression. Il fallut donc que la mère suspectât dès l'humeur fâchée de sa fille, que celle-ci souffrait d'un viol paternel... Autre journée, autre policier qui n'accorde pas davantage d'attention...

Aucune démarche administrative qui suivra n'aboutira, chaque représentant des organismes sociaux soupçonnera la manigance d'une mère en conflit avec un ex-mari. Une amie, femme autrefois battue, convainc la maman désespérée de faire appel aux journalistes qui n'ont de cesse de parler de la protection des femmes au travers du Grenelle des violences conjugales en cours. La mère obtient des interviews et écrit une main courante au commissariat expliquant pourquoi elle ne présentera pas sa fille à la garde de son père le week-end prochain pour la protéger, puis en appelle au maire de sa ville en précisant qu'elle est en contact avec la presse... Dans les jours qui ont suivi un juge a déclaré seule parent apte à la garde, cette mère déterminée en attendant qu'une enquête révèle les éventuelles responsabilités du père.

Pendant ce temps là, le temps du Grenelle, derrière des micros, devant des journalistes, un premier ministre et de hauts responsables de la protection des femmes de l'enfance déclaraient tout le sérieux de la police et la capacité sans cesse améliorée de l'écoute des fonctionnaires spécialement formés à découvrir les vérités premières des drames familiaux...

Les intentions des instances ne se conjuguent pas avec l'isolement des femmes en état de survie surtout quand la politique s'en mêle.

Le féminisme en presqu'île de Crozon

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