La liberté du corps des femmes sous la surveillence des hommes

Pour intéresser le monde virtuel, des jeunes filles ou jeunes-femmes montrent une partie de leur corps afin d'attirer le plus grand nombre de vues et mériter ainsi la consécration numérique dans les réseaux sociaux. Une épaule vaut tant d'admirateurs et de voyeurs, une hanche en attire davantage. Au jeu des attractivités visuelles, les filles se trouvent aussi face à un déluge de réprobations qui vire toujours à l'insulte.

Pour contrebalancer cette déferlante haineuse, une femme a constitué un nouveau fil de répliques nommé #JeSuisCute (je suis mignonne) - 28 juillet 2018 - qui a suscité dans un premier temps une forte adhésion de femmes qui estimaient que chaque femme était libre de son corps, de son exposition au regard d'autrui et qu'aucune censure extérieure, souvent conduite pas des hommes agressifs, n'était tolérable. Le moindre centimètre carré d'une peau féminine étant un sujet d'érotisation dans l'esprit masculin, progressivement le nombre croissant d'encouragements s'est mué en dénigrements toujours plus nombreux et ceux-ci jusqu'aux outrages. Les femmes n'étaient donc pas libres d'exposer leur nombril dans les réseaux sociaux, ce que les hommes pouvaient faire et qu'ils faisaient autant proprement que figurativement sans pour autant être menacés de viol. Un nombril d'homme était un nombril et rien d'autre, un nombril de femme était une sollicitation en vue d'un acte sexuel escompté.

Harassée par le discrédit et discutée par certains élans féministes estimant que la valorisation de la femme ne passait pas par le culte de la représentation physique, la mannequin qui avait lancé ce cri d'alarme contre les persécutions virtuelles a cessé d'émettre... Des hommes avaient pris le temps de télécharger un grand nombre d'images féminines personnelles de ce mouvement féministe, sans autorisation, dans des sites pornographiques. La femme ramenée à un usage de première nécessité au service de l'excitation masculine. Le corps des femmes provoque l'hystérie en 2018. La nudité est réprouvée, l'invisibilité fortement recommandée, comme avant, comme depuis toujours.

Pour mourir... de rire... Certains hommes se sont sentis harcelés par la débauche vestimentaire minimaliste de cette tentative d'émancipation numérique. C'était trop néolibéral et sexualisé, à l'encontre des valeurs traditionnelles de la femme dissimulée. Ils ont eu peine à se contenir, ça failli éclabousser les écrans. La liberté de corps des femmes va devoir attendre que les messieurs tolèrent la nudité des femmes comme une possibilité naturelle d'expression corporelle.

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