L'évolution des femmes dans le cinéma américain - sans succès rassurant

1991 - Thelma et Louise (Thelma and Louise), un film américain de Ridley Scott avec Geena Davis (Thelma) et Susan Sarandon (Louise) raconte l'histoire de deux femmes en vadrouille sur les routes américaines qui répondent à la violence des hommes à leur égard par de la violence. A la sortie du film, petit parfum de scandale : comment des femmes pouvaient-elles être aussi violentes que des hommes ? Sacrilège ! Puis apaisement jusqu'à la sacralisation d'un film devenu culte.

A l'époque, la mise en avant d'un scénario dédié à des personnages féminins se comportant comme des héros cinématographiques masculins, avait subjugué les médias qui y voyaient une avancée prometteuse pour la carrière cinématographique des actrices. Elles étaient capables de rapporter autant d'argent que les acteurs au box-office, elles étaient des premiers rôles à elles-seules sans être le décor ou le faire valoir d'une star masculine... On parlait alors d'une avancée féministe inédite... Faire reculer la suprématie des rôles masculins était donc accessible aux actrices qui endossaient des rôles audacieux.

2019 - Geena Davis qui avait alors cru à une nouvelle ère cinématographique dans les années 90, déclarait en 2019 que le feu fut de paille et que les femmes dans le cinéma américain restent des "seconds rôles".

Sans-doute est-ce pire à la réalisation. Si dans les écoles du cinéma aux Etats-Unis, il y a parité à l'entrée du cycle d'enseignement, concrètement, les réalisatrices en exercice n'ont jamais été aussi peu nombreuses...

L'actrice a fondé le "Geena Davis Institute on gender in media" (2004) afin de suivre les disparités de genre dans l’industrie du divertissement. L'accaparement des fonds financiers de la création de manière plus ou moins générale par des organismes dominés par des présences masculines, ne facilite pas la confiance minimale envers la créativité féminine que l'on soupçonne moins rentable avait même d'y avoir œuvré.

Au travers de ces conditions sociales des femmes dans le cinéma américain, au travers de l'euphorie vécue après la sortie du film Thelma et Louise et de la dissipation des effets positifs de cette période prometteuse, il faut bien reconnaître que les réalités semblent défaire les promesses d'avenir. Les médias ont le verbe haut et l'enthousiasme cabotin... Méfiance quant aux illusions médiatiques et avantageuses de la condition féminine... Sans malice aucune, les facéties de l'information à chaud ne doivent pas faire oublier la froideur ambiante volontairement défavorable aux femmes.

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